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MANIFÈSTO PÈR UNO PROUVÈNÇO LIÉURO
MANIFESTE POUR UNE PROVENCE LIBRE


La Provence est une des principales composantes des Pays d’Oc. Tous ses habitants savent qu’ils habitent le « Midi », ce que certains appellent Occitanie. Ce dont ils ne se rendent pas toujours compte, c’est que la Provence est dans une situation coloniale par rapport à la France de plus en plus inacceptable.
L’histoire de la Provence, son état de dépendance économique, son art de vivre et sa langue menacée en sont la preuve. La Provence est une colonie de la France et ne doit pas le rester.
Nous appelons tous les provençaux d’origine et d’adoption, quelles que soient leurs motivations philosophiques ou religieuses à s’unir pour libérer la Provence sans attendre que les autres régions du Midi la suive.
Nous entendons agir dans le cadre de la région qui nous est attribuée à savoir la Région Provence Côte d’Azur. Notre action se situera donc au niveau des cinq départements suivants : Alpes-de-Haute-Provence, Bouches-du-Rhône, Hautes-Alpes, Var et Vaucluse. Les Alpes-Maritimes ont leur propre mouvement telle La Ligue pour les Libertés Niçoises. Nous n’empièterons donc pas sur leur terrain et tisserons avec eux des liens de solidarité en respectant la spécificité niçoise.
La libération de la Provence peut se faire par des voies démocratiques comme est en train de la faire la lointaine Catalogne et c’est par les seules voies démocratiques que nous entendons agir.


HISTOIRE D’UNE COLONISATION


Il faut savoir que la Provence a été plus longtemps indépendante que française.
Son annexion par la France dans les années 1481-1486 a été le fruit d’une manipulation du Parlement de Provence et s’il est écrit dans les textes que la Provence s’est unie à la France « comme un principal à un autre principal », cette clause n’a jamais été respectée. La Provence a été en réalité assujettie à la France comme une véritable colonie que plus de cinq siècles n’ont toujours pas réussi à assimiler.
Le Comtat Venaissin devenu ensuite le Vaucluse a été indépendant de la France jusqu’en 1792. Il n’est annexé que depuis près de 200 ans. Quant au Comté de Nice, il n’a été annexé à la France qu¹en 1860, soit moins de 150 ans.
Ces annexions ou plutôt ces occupations militaires n’ont apporté aux populations que guerres, pillages économiques et perte d’identité culturelle. L’école française certes nous a appris à lire et à compter, mais elle ne nous a jamais enseigné notre histoire et notre langue. Qui connaît la République de Marseille fondée par Casaulx à la fin du 16ème siècle ? Qui connaît les 500 ans d’existence de la République des Escartons autour de Briançon ? Qui sait que les sept papes d’Avignon n’étaient pas des papes français mais des papes de langue d’Oc ? etc. .
Depuis ces annexions, les provençaux se sont souvent révoltés comme par exemple en 1851pour protester contre le coup d’Etat de Napoléon III, ils ont connu comme en Languedoc les persécutions religieuses comme en témoignent les massacres de Mérindol et Cabrières dans le Lubéron sous François Ier.
L’étude de l’histoire de la Provence nous incite à lever l’étendard de la liberté face à une France qui nous a occupé militairement, qui nous a exploité économiquement, et qui nous a ôté la liberté de croire et de penser.
Mistral l’a exprimé avec force : « Toun istori, te l’an countado d’a rebous ». (Ton histoire, ils te l’ont raconté à l’envers).
Nous devons exiger dans nos écoles et nos universités qu’on enseigne l’histoire de tous ceux qui ont donné de leur temps et souvent leur vie pour que vivent les libertés provençales.


LA LANGUE, CLEF DE LA LIBERTE


Même si le Provençal est devenu une langue minorisée, il est toujours vivant y compris dans nos grandes villes. Son accent, même si Paris s’en moque, fait la fierté des provençaux. C’est notre signe de reconnaissance.
« Quau ten sa lengo ten la clau que di cadeno lou deliéure » a écrit Frédéric Mistrau. Une langue n’est pas un simple moyen de communication interchangeable. C’est l’expression naturelle d’un peuple.
Elle détermine l’existence et les limites d’une nation.
La Provence sans sa langue serait un pays sans âme, un corps sans esprit.
Nous exigerons qu’elle soit enseignée à tous les niveaux de l’éducation, de la maternelle à l’université non comme une matière accessoire mais comme la première des connaissances à acquérir. Il y va de notre dignité de provençaux.

Les nombreuses associations qui s’occupent courageusement de la défense du provençal sont malheureusement divisées. Ces divisions souvent orchestrées par les partis politiques parisiens doivent cesser. Nous ferons ce qui est en notre pouvoir pour qu’elles s’unissent dans le respect de la diversité.
Notre très riche littérature qui va des troubadours aux écrivains d’aujourd’hui en passant par le plus célèbre d’entre tous, le grand Frédéric Mistral doit être valorisée par tous les moyens possibles.
L’incitation à la création provençale littéraire et artistique doit devenir une priorité budgétaire de notre région.

Rassembler tous ceux qui aiment et défendent le Provençal est certes indispensable, mais l’histoire nous a appris qu’on ne peut aboutir à une véritable renaissance que si cela s’appuie sur un pouvoir politique qui fasse de la renaissance de la langue le premier de ses objectifs comme cela se fait en Israël pour l’hébreu ou en Catalogne pour le catalan.
Voilà pourquoi, au nom de notre langue et de tous ceux de plus en plus nombreux qui aimeraient l’apprendre et l’enrichir, nous devons restaurer l’Etat de Provence comme membre à part entière de l’Union Européenne.



UNE ECONOMIE POUR POUVOIR VIVRE AU PAYS


On nous dit que la Provence est le pays du soleil et du bien vivre, mais savez- vous que le chômage dépasse 11,5 % de la population active alors qu’il est de 9,1 % pour l’ensemble de l’Etat français (Statistiques INSEE 2002).
Notre situation de dépendance a été en général un frein au développement.

L’éloignement des centres de décisions, les retards dans les voies de communications, la fuite des cerveaux vers Paris en sont une des conséquences.
Le rejet dans les pays concernés de la politique coloniale de la France a brisé l’activité des ports provençaux de Toulon et de Marseille.
Une des caractéristiques de l’économie provençale est la sous industrialisation.
Les emplois créés à Fos-Sur-Mer et dans les hautes technologies n’ont bénéficié qu’indirectement aux provençaux d’origine et rien n’est fait pour favoriser l’intégration des nouveaux venus.
Même si le tourisme constitue un apport économique bénéfique, il est coupé de la réalité provençale. Le tourisme se limite beaucoup trop au soleil sans les provençaux, au soleil sans les hommes.
Tout cela a entraîné des déséquilibres entre la côte et l’intérieur du pays : une côte provençale qui ressemble de plus en plus au Baléares et un intérieur marginalisé et sous-peuplé.
Cette situation proprement coloniale peut changer si nous le voulons.
La Provence a de nombreux atouts si elle arrive à mettre en valeur la variété de ses terroirs, ses importantes ressources naturelles entre mer et montagne, ses valeurs historiques et culturelles inestimables. Plus que tout, la jeunesse qui sort de ses universités a des capacités insoupçonnées pour moderniser le pays. Elle doit pouvoir y vivre.



POUR UNE POLITIQUE AU SERVICE DE LA PROVENCE


La Provence comme tous les pays d’Oc a servi jusqu’à ce jour de tremplin pour arriver à Paris. On ne compte plus les hommes politiques qui se sont fait un nom dans l’histoire de France en montant vers la capitale.
Les Sieyès, Les Mirabeau, les Thiers, les Gambetta, etc.
Les partis de gauche comme de droite, et plus encore les extrêmes, sont des facteurs de divisions. Ils se servent de la Provence au lieu de la servir.

Il est temps que cela change et que le parti de la Provence Libre prenne le pouvoir en Provence.
Pour cela, il nous appartient de préciser les grandes lignes d’un programme de libération et de progrès avec la participation de toutes les forces vives de Provence qui voudrons bien faire un bout de chemin avec nous.

Nous n’entendons pas pratiquer la politique du tout ou rien, mais de façon déterminée et pragmatique avancer pas à pas vers l’indépendance de la Provence dans une confédération naturelle des Pays d’Oc, elle même membre de la confédération européenne qui se construit.

En un mot ce que nous voulons, c’est l’indépendance ou tout au moins une large autonomie progressivement, pas à pas, par délégation de pouvoirs de Paris vers la Provence et, obtenir pour la Provence le statut des Länder allemands ou mieux le statut de la Catalogne.


VIVE LA PROVENCE LIBRE !